Danse en amateur et répertoire / CND Paris

Danse en amateur et répertoire # CND
Satie : le ballet mal fagoté  de Carré Blanc Cie – Michèle Dhallu

Danse en amateur, c’est quoi ?
Chargé de promouvoir la culture chorégraphique, le Centre National de la Danse offre aux groupes de danseurs amateurs la possibilité de travailler un extrait d’une pièce du répertoire (toutes périodes et esthétiques) ou une danse non reliée à une pratique scénique (danses traditionnelles, danses populaires…) avec un professionnel, et de faire l’expérience de la scène.

Danse en amateur et répertoire est un programme d’accompagnement de la pratique amateur au-delà du cours de danse et de la phase d’apprentissage technique. Destiné à des groupes de danseurs amateurs, il ouvre un espace de partage pour ceux qui désirent approfondir une pratique et une connaissance de la danse en relation avec son histoire.

La reprise d’un extrait de la pièce chorégraphique de 2001 de Michèle Dhallu, « Satie : le ballet mal fagoté » a été retenue par le CND pour le programme 2015 avec 17 autres propositions (sur 39 dossiers reçus).

Le groupe de danseuses en amateur, c’est qui ?
Ce projet est née de la volonté d’un travail partagé entre deux enseignantes, Marieke Simons (ex-soliste du Ballet Capitole et du HNB) et Emilie Saintlos (professeure de jazz) pour permettre au groupe des six danseuses en amateur de se confronter au public, aux artistes professionnels et au monde de la culture, partant du postulat que les techniques sont liées et interagissent entre elles.

Quelle pièce chorégraphique ? Quel extrait ?
« Satie : le ballet mal fagoté » parle de l’extravagance artistique de Satie, extravagance de surface nourrit par une profonde réflexion et mue par un goût certain pour l’expérimental. En visitant l’œuvre polymorphe d’Erik Satie, qui a composé musique sacrée et café-concert, musiques pour la scène et musique d’ameublement, on comprend que son écriture « discontinue », loin d’être accidentelle, est au contraire le lieu d’un questionnement des formes, d’une protestation contre les formes de l’art.

« Satie : le ballet mal fagoté » invite dans son propos des danseuses classique et jazz à décloisonner leurs techniques en se confrontant à une écriture contemporaine et questionne également sur la relation musique/danse (pléonasme, contre-point, canon, opposition, silence, mots). Cette pièce engage une réflexion sur l’acte artistique, sa motivation et son ancrage dans la société et l’Histoire.

Faisant appel au jeu théâtral, elle est aussi une mise en abîme de la notion d’interprétation où les danseuses se doivent de « s’introspecter ». Ce jeu questionne le public sur la légitimité du spectacle vivant et de l’art. Les danseuses en amateur seront amenées à réfléchir sur la place et aux limites de l’interprète face à l’auteur, au collectif et au public, non seulement à travers le processus de transmission mais aussi du point de vue du propos même de l’œuvre.

L’extrait choisi est la dernière séquence de la pièce, une adaptation d’« Entr’acte cinématographique » composé pour « Relâche ». Le plateau est nu. L’écriture s’appuie sur les annotations saugrenues des partitions de Satie et interroge la place et le statut de l’interprétation : de son respect à sa transgression ou son appropriation. À partir de courtes traductions corporelles de ces annotations constituant un répertoire de mouvements, la séquence est chorégraphiée en crescendo dynamique. Enfin la variété des thèmes musicaux, des tempi, trouve son pendant dans l’écriture chorégraphique.

Quel volet culturel développé autour de cette transmission ?
Pièce chorégraphique jeune public autour de la figure de Satie, cette oeuvre est appréhendée selon l’environnement culturel du répertoire travaillé (le genre « ballet » et le spectacle vivant jeune public) et son propos (rapport danse/musique).

Et ce, en sensibilisant le groupe à l’histoire de la danse (cf. mallettes pédagogiques du CDC Toulouse en 10 dates et en 10 titres), en interrogeant le genre « ballet » et ses principes de construction et en appréhendant les relations musique avec la danse depuis la fin du 19ème siècle à nos jours (cf. extraits vidéos du CDC), avec la projection du film de René Clair « Entr’acte » et des ateliers musique sur l’écriture de Satie. Les critères sous-jacents aux méthodes de composition de Satie frappent par leur analogie avec l’utilisation de l’espace et du temps chez Cage et Cunningham. Nous nous attarderons sur les œuvres de Satie chorégraphiées par Cunningham : Socrate, les Monkeys Dances, Je te veux, Rag Time Parade, Septet, et enfin Beach Birds.

Ainsi…

Le CDC Toulouse conduira deux interventions sur l’histoire de la danse (en 10 dates et en 10 titres) et offrira au groupe des places pour assister dans le cadre du festival international CDC « Paris-New-York-Paris : Relâche / Corps de ballet » de Petter Jacobson/Noé Soulier / Merce Cunningham et « Stimmlos » d’Arthur Perole;

CIRCa permettra au groupe d’éprouver l’expérience d’interprétariat en face de publics jeunes en programmant une représentation à Pirouette Circaouète, temps fort jeune public;

L’Adda 32 mettra en place un atelier chorégraphique sur les relations musique et danse sous la conduite de Marion Muzac et une conférence-dansée sous la conduite de Michèle Dhallu,

Odyssud organisera deux rencontres, l’une avec Josette Baïz, l’autre avec Philippe Découflé et offrira au groupe des places pour assister à « Roméo et Juliette » et « Contacts »

Quelles modalités de travail ?
10 séances de 4 heures : 4 interventions de la chorégraphe, 6 interventions de l’interprète.
Les professeures sont en charge de faire répéter le groupe entre deux interventions.

Quelles représentations ?
Temps fort Pirouette Circaouette – CIRCa, Pôle National des Arts du Cirque – Auch (32) – le 29 avril 2015
Rencontres départementales chorégraphiques – ADDA 32 – le 3 mai 2015
Restitution nationale à La Grande Halle de la Villette – Paris – samedi 30 mai 2015