Fou – création 2019

Création 2019

Note d’intention chorégraphique

Après l’expérience de l’écriture d’un solo, mon envie artistique se porte sur la notion de partage et du besoin de l’autre. Pourquoi l’autre est-il une nécessité et quelle place lui donne-t-on? Je m’intéresse à son importance, est-ce sa présence, son énergie? Et que m’apporte-t-il? Plus de confiance, plus d’assurance, plus de puissance…?

L’enjeu de la pièce tourne autour du « deux », de ses expressions, ses significations et ses ambivalences.
Le yin-yang est un appui dans ma démarche ; «yang-fou» le versant positif, et «yin fou» le versant négatif de la vallée selon la philosophie chinoise, a pour principe de trouver l’équilibre dans une chose, toujours un peu imprégnée d’une autre.
Je veux jouer avec ces aspects : unir les différences et opposer les ressemblances.

Comment deux entités, différentes a priori, peuvent-elles échanger, se confondre ou se repousser ?

J’aborde le «deux» avec ses antagonismes et ses complémentarités comme blanc et noir, matière et esprit, masculin et féminin… Je veux mettre en avant la complexité du chiffre en travaillant ses valeurs. S’il peut être division ou opposition dans certains cas, il peut être aussi multiplication ou union.

La première direction est le travail chorégraphique qui s’appuiera sur les points communs et divergents des deux corps. L’enjeu sera d’établir un dialogue. La danse sera l’outil pour discuter, convaincre, insister, écouter, capituler, aquiescer…
La seconde direction traite du rapport musique et danse, que la parole musicale puisse communiquer avec la parole du mou- vement. La présence d’un musicien au plateau est donc nécessaire pour souligner l’importance du son et du corps, de leurs vibrations respectives.

L’intérêt est de s’approprier le «deux» à trois sur scène.

Note d’intention musicale

La musique sera construite en lien étroit avec le mouvement corporel. Sans mouvement, aucune vibration. Sans vibration, aucun son. Cette relation se tissera au travers du temps qui s’étire. L’intérêt est d’y trouver un dialogue, une confrontation, une vibra- tion commune.

Se dégage alors l’image d’un même visage à deux faces. Une première face serait la froideur métrique du son électronique, in- dustriel, répétitif, lunaire, ample, quasi dépourvu d’individualité. La seconde serait l’imperfection chaleureuse du son acoustique, aéré, droit, chaud et authentique.
Peut-être une façon pour l’univers sonore d’interpréter sa dualité…

Une quatrième présence sera suggérée au travers d’une voix féminine enregistrée. Les mots seront perceptibles et compré- hensibles, libre à chacun d’en construire son propre sens. Signifiée et imaginée, elle complètera la dualité dans sa forme: deux hommes et deux femmes sur le plateau.

La musique prendra du mouvement de part l’histoire qu’elle raconte mais aussi par sa mobilité dans l’espace scénique. Une structure métallique portera les machines et aura la possibilité d’investir le plateau, et le trombone est un instrument tranpor- table favorisat l’indépendance du musicien.

La musique pourra devenir mouvement simplement par sa vibration dans l’espace mais également au travers d’un système de diffusion quadriphonique. Cette vibration sera mouvement également par sa mobilité scénique car une structure métallique porte- ra l’électronique tout en se laissant la possibilité d’investir le plateau. L’acoustique du trombone à coulisse qui d’évidence est un instrument transportable, favorisera la circulation indépendante du musicien.»

Distribution

Interprétation : Lucien Brabec, Guillaume Pique, Léa Darrault
Chorégraphie : Léa Darrault
Composition : Guillaume Pique
Création lumière : Victor Perrin
Scénographie : Carol Darrault

Eléments techniques
Tout public
50 min
Plateau équipé: ouv. 8m x prof. 6m x h. 5m Jauge : 300 pers.

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